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Conseils pour le nourrissage hivernal des oiseaux

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Pourquoi nourrir les oiseaux ? Quand débuter ou arrêter le nourrissage ?
Trouvez les réponses à vos questions dans notre article.


Quelques conseils pour le nourrissage hivernal des oiseaux

Pourquoi nourrir les oiseaux ?

Quand il fait froid, les oiseaux ont besoin d'énergie pour maintenir leur température. Le fait de nourrir les oiseaux les aide même si l'effet sur la mortalité globale est modéré.

Le nourrissage a aussi des impacts immédiats bénéfiques : les poussins qui reçoivent davantage de nourriture ont un taux de survie plus élevé.

Par ailleurs, cela permet d'observer la faune sauvage près de chez soi, d'avoir le plaisir de montrer des animaux à vos enfants, amis et voisins.

Si jamais vous laissez vos mangeoires vides, les oiseaux ne mourront pas de faim, ils iront visiter d'autres jardins ou chercheront des sources de nourriture "naturelles". Il n'y a pas de risque de "trop" nourrir les oiseaux: ils ne mangent que s'ils ont faim, et ils savent s'arrêter !

En Isère, quelles sont les espèces régulières aux mangeoires ?

Accenteur mouchet, chardonneret élégant, étourneau sansonnet, geai des chênes, gros bec casse noyaux, merle noir, mésange charbonnière, mésange bleue, mésange nonnette, moineau domestique, pic épeiche, pigeon biset de ville, pigeon ramier, pinson des arbres, pinson du nord, serin cini, sittelle torchepot, tarin des aulnes, tourterelle turque, verdier d'Europe...

Certaines espèces sont moins communes aux mangeoires :
bouvreuil pivoine, bruant jaune, bruant zizi, étourneau sansonnet, mésange noire, mésange huppée, mésange à longue queue, moineau friquet, grives...

On peut aussi voir des mammifères (écureuil, mulot sylvestre, campagnol roussâtre).

Est-ce que le nourrissage pose problème aux oiseaux ?

Dans une étude publiée en avril 2008 intitulée "Food for thought: supplementary feeding as a driver of ecological change in avian populations", les chercheurs Gillian N Robb, Robbie A McDonald, Dan E Chamberlain et Stuart Bearhop expliquent que si l'on connaît bien les effets d'une modification de la disponibilité en nourriture sur le comportement des oiseaux, les impacts de ce comportement généreux sont peu connus.

Étonnamment, l'équipe de chercheurs a aussi constaté que l'activité autour des mangeoires n'augmentait pas le risque de prédation par les chats, bien au contraire! Étant donné la variété des résultats trouvés, G. Robb et S. Bearhop et leurs collègues estiment que des études plus complètes et plus ambitieuses (sur plus de deux ans, sur plusieurs espèces simultanément) devraient être menées, étant donné l'ampleur du phénomène du nourrissage des oiseaux : une enquête menée aux États-Unis en 2003 a en effet révélé que plus de 43% des sondés nourrissaient les oiseaux, et au Royaume-Uni, les sondages indiquent que 75% de la population faisaient de même.

L'expérience du Pic vert sur les différentes mangeoires hivernales qu'il approvisionne montre que l'épervier a vite compris l'intérêt de venir se nourrir à la mangeoire en capturant des passereaux et qu'il y a un risque de contamination des oiseaux avec la salmonellose. En effet certains oiseaux (verdiers, tarins, gros becs) stationnent sur les graines et fientent dedans. Il convient de nettoyer au moins une fois par hiver les mangeoires avec une eau de javel, de les brosser et de les remettre en service après séchage et évaporation du chlore.

Quand débuter le nourrissage ?

Inutile de donner à manger quand les températures sont douces. Le mieux est de commencer aux premiers gels, de veiller à l'approvisionnement régulier en cas de neige et de pluies froides.

Quand arrêter le nourrissage ?

Ne pas interrompre brusquement le nourrissage, surtout en cas de temps froid. Arrêter progressivement en fin d'hiver.

Quelle nourriture ?

Les graines les plus appréciées sont riches en lipides (ex : tournesol, chènevis).
Un apport en graisses (saindoux, margarine, suif, beurre de cacahuète) fait le régal de beaucoup d'espèces mais il faut éviter les graisses salées.
Les grives, étourneaux et merles apprécieront aussi des pommes, des poires, des kakis jetés au sol.
Les graines de tournesol attirent de nombreuses espèces, et ont l'avantage d'être faciles à répandre même sur un balcon.
Les graines de chardons attireront spécialement les chardonnerets élégants.
Les graines de maïs sont les préférées des tourterelles.
Les gâteaux de graisse attirent les pics...
N'oubliez pas de proposer aux oiseaux un endroit où ils pourront boire de l'eau propre, car il leur est difficile de trouver, surtout quand il gèle, de quoi s'abreuver (même s'ils peuvent aussi manger de la neige).
S'il ne fait pas trop froid, les oiseaux se baignent pour entretenir leurs plumes: vous pouvez donc aussi penser à placer un bassin peu profond (changez l'eau régulièrement). Cassez chaque jour la glace qui se forme éventuellement (il existe des bassins auto-chauffant).

A propos des mangeoires

  • Situation

Certains oiseaux préfèrent se nourrir au sol, comme les moineaux domestiques, les tourterelles, les accenteurs mouchets, les étourneaux sansonnets, les merles noirs... D'autres préfèrent les points de nourrissage élevés, comme les mésanges.

En plein centre d'une grande ville, il est aussi possible d'installer des mangeoires sur les rebords des fenêtres et sur les balcons, mais cela peut prendre un peu de temps avant que des espèces "attractives" comme les mésanges s'y intéressent, surtout si on dépasse le 3ème étage.

Suivant le type d'espèces que vous souhaitez privilégier, vous pouvez choisir tel ou tel modèle de mangeoire.

Les mangeoires à silo sont très appréciées des mésanges entre autres, mais préférez des modèles pouvant contenir au moins 500 grammes de graines, sinon vous risquez de devoir les remplir très fréquemment.

Privilégiez les mangeoires solides résistantes au gel, au dégel, au soleil, à la pluie, aux écureuils... Il donc parfois intéressant de dépenser un peu plus pour être tranquille de longues années.

Plusieurs modèles existent, qui séduiront différentes espèces. Les plus courants sont:

- les plateaux : suspendus ou posés sur un piquet, ils peuvent être munis d'un toit de protection ;
- les mangeoires à grille : les oiseaux se servent à travers les mailles qui retiennent graines, noix ou cacahuètes ;
- les distributeurs automatiques : en se postant sur des perchoirs, les oiseaux accèdent à des ouvertures d'où s'écoulent les graines ;
- les filets suspendus : ils peuvent être remplis de graines et/ou de graisse ;
- une vieille souche (l'option préférée de l'association) : un tronc creux, une souche couverte de mousse et de lichen disposant de trous naturels ou artificiels fera très bien l'affaire et vous permettra de ne pas trop modifier le comportement de recherche de nourriture des oiseaux tout en vous permettant des photos dans un cadre naturel.

  • Entretien des mangeoires

Nettoyer les distributeurs de graines : certains oiseaux défèquent en effet là où ils mangent. Les mangeoires en plastique sont plus faciles à nettoyer que celles en bois, et elles peuvent être désinfectées. Pour les nettoyer, placez-les dans un récipient rempli d'eau chaude, ajoutez deux verres de vinaigre ou de l'eau de Javel, laissez tremper pendant 15 minutes. Frottez ensuite avec une brosse, puis laissez sécher au soleil, les rayons ultraviolets constituant un excellent désinfectant naturel.

Conseils de l'association :

L'association Le Pic Vert approvisionne des mangeoires d'observation dans ses réserves de Rives (Plaine de Bièvre) et La Buisse (Le Grand Ratz). Vous trouverez la localisation sur le site internet du Pic Vert. Un certain nombre d'espèces d'oiseaux et de mammifères vient à ces mangeoires équipées de cabanes d'observation confortables ouvertes au public. Profitez en !


Bibliographie :

- http://www.ornithomedia.com/pratique/conseils/nourrir-oiseaux-quelques-precisions-conseils-00160.html

-oiseaux des mangeoires : reconnaître et nourrir 27 espèces amatrices de graines - Le mini-guide 42 de la Salamandre

-Le guide ornitho publié chez Delachaux et niestlé.


Document rédigé par Monique Luttringer et Jean-François Noblet.


Photo: mésange bleue © Thibaut Alves

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